Affichage des articles dont le libellé est décentralisation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est décentralisation. Afficher tous les articles

samedi 10 mai 2014

Le Sud Goëlo et la nouvelle décentralisation



Le Gouvernement semble désireux de donner un coup d’accélérateur à la réforme territoriale (1): suppression de la compétence générale laissée aux différentes collectivités, Régions ramenées à 9 ou 10, disparition des Conseils Généraux avec une répartition de ses missions entre les nouvelles Régions et les Communautés de Communes regroupées.

Ne nous cachons pas que les conservatismes et intérêts de toute nature rendent cette réforme difficile dans sa mise en œuvre et incertaine dans son calendrier.

Quelles conséquences pour la Communauté de Communes du Sud Goëlo et les communes qui la composent ?

Tout d’abord se mettre au travail et reprendre les études de rapprochement esquissées il y a un a : nouer des relations fortes avec la Communauté de Communes voisine Lanvollon-Plouha semble naturel même si Binic peut être tenté de frapper à la porte de Saint-Brieuc Aglo compte tenu de ses liens avec Pordic.

 Le  bassin de vie devrait constituer la base des réflexions que chaque Conseil Communautaire aura à mener.

Et les Communes ?

Leur regroupement est dans l’ordre des choses du point de vue de leur survie économique et financière mais on en parle peu, tellement le sujet semble difficile.

Chaque commune souhaite garder son identité mais ne peut-on conjuguer identité et efficacité ?

Retenons l’exemple de Saint Quay Portrieux et Tréveneuc :

 La première Commune dispose d’un budget significatif avec les recettes du casino mais manque de foncier. La deuxième a un foncier disponible important car sa partie côtière est complétée par un rétro littoral de bonne superficie mais n’a qu’un budget dérisoire pour faire face à ses investissements courants.

Dès 2008, j’avais proposé à mon collègue, maire de Tréveneuc, de créer un groupe de travail mixte en vue d’étudier en toute prudence et transparence un rapprochement éventuel de nos deux communes respectant l’identité de chacune. Il ne l’a pas voulu, craignant, m’a-t-il répondu à l’époque, de « troubler une adjointe qui pourrait être amenée à le remplacer en 2014 ». Je n’ai pas insisté.

La question se repose à ce jour car Tréveneuc n’a pas les moyens financiers de contribuer à l’investissement nécessaire de la station d’épuration et des réseaux liés ; la station de Saint Quay assurant aussi l’assainissement des eaux usées de Tréveneuc.

Que faire ? La  recherche de subventions est naturellement à programmer mais plus difficile car le manque d’argent est partout.

La question d’un rapprochement futur est à nouveau posée.


Dominique BLANC

(1) : Sur la nouvelle décentralisation et l’avenir des Communautés de Communes, voir les articles sur le blog : livreblancquinoceen.com

vendredi 25 avril 2014

Nouvelle décentralisation ?



Dans le billet du 25 octobre 2013 intitulé « la Communauté de Communes : un avenir prometteur », j’évoquais le futur de la décentralisation dans le cadre du congrès départemental des maires.

Je précisais que «  faire des économies au niveau national n’était plus un choix politique mais une nécessité imposée par les faits  ».

En matière de décentralisation, j’indiquais les économies souhaitables : les Régions ramenées à 9 et la suppression des Conseils Généraux dont les compétences seraient réparties entre les Régions et les Communautés de Communes.

Claudy Lebreton, outré par mes propos, les prenant pour une attaque personnelle, fit la réponse inattendue suivante : « Si la Conseillère Générale de Saint Cast était présente, elle n’aurait pas compris pourquoi la maintenance des Eoliennes a été attribuée à Saint Quay Portrieux » !

Sans aucun doute victime d’un décrochage intellectuel, notre cher Président du CG.22 révélait par cette réponse un fonctionnement intéressant du parti socialiste de notre département.

L’annonce par Manuel Vals, Premier Ministre, lors de son discours de politique générale d’une réforme territoriale correspondant pilepoil à mes propos d’octobre, a « abasourdi » Claudy Lebreton. Depuis, la colère des sénateurs qui ont déploré la « brutalité de l’annonce » s’estompe avec les jours qui passent.

Il y a quelques mois, la presse nationale a évoqué le nom de Claudy Lebreton comme Ministre de la République… Il semble à ce jour qu’un poste de sénateur est envisagé.

Allons courage Claudy ! Ouvre les yeux sur notre monde et tout ira bien mais n’oublie pas de t’inscrire aux cours du soir sur la nouvelle organisation de notre décentralisation !

Sans rancune. Aucune.

S’agisssant du Sud Goëlo, cette affaire va être centrale pour le nouveau mandat. Des études de rapprochement vont devoir être lancées avec des vues ambitieuses. Notre ville n’y perdra pas.
Bien au contraire, dès lors qu’une vision de bon sens s’impose sur le rôle moteur des Communes littorales.


Dominique BLANC

dimanche 8 décembre 2013

Vers une décentralisation plus affirmée ?



Le pacte d’avenir pour la Bretagne illustre une nécessité devenue flagrante. Les régions doivent peser plus et pouvoir intervenir en amont des problèmes d’adaptation des entreprises au marché mondial.

 Peser plus, cela implique un changement de taille :

- passer de 18 à 9 régions  et disposer ainsi d’une puissance de feu financière à la hauteur des enjeux d’une concurrence féroce dans tous les secteurs agricoles, agroalimentaires, automobiles, et autres,

- disposer de compétences élargies, clarifiées et donc reconnues par l’Etat afin d’exercer un véritable pouvoir d’influence sur le tissus économique.

Aujourd’hui, la Bretagne, comme les autres régions, est dans « l’entre deux » avec une taille insuffisante et des délégations partielles.

Cela ne satisfait personne et coûte inutilement cher à notre Pays ; en effet une décentralisation incomplète justifie l’augmentation des agents administratifs recrutés ici et maintenus là bas.

Ce non choix ne répond ni aux nécessités économiques du territoire ni aux aspirations des  producteurs et salariés.

Ce que réclament les Bretons, c’est de la cohérence générale dans les moyens et de la gouvernance de proximité dans les interventions. Ce pacte d’avenir suscite  la controverse, en
particulier sur son contenu.

En réalité et ceci n’a pas été suffisamment souligné, c’est son élaboration qui est d’abord critiquable par une région qui revendique plus d’autonomie.

Rédigé dans les cabinets ministériels, ce pacte d’avenir, même si des réunions se sont tenues à Rennes, vient de Paris.

La Bretagne avait une formidable occasion d’affirmer le fait régional en rédigeant elle-même le projet, quitte à en négocier le contenu avec Paris.

Et bien non, la région Bretagne en a laissé l’initiative aux Ministères, reconnaissant implicitement la situation « d’entre deux » de la décentralisation à la française avec un pilotage général maintenu par l’Etat central.

Les divergences d’opinion et d’attitude entre les bonnets rouges et la majorité socialiste régionale et gouvernementale viennent aussi de ce paradoxe négatif.

Cette prise de conscience conduira t-elle demain à une décentralisation plus affirmée ? Ce n’est pas certain mais cependant hautement souhaitable.


Dominique Blanc
Maire de Saint Quay Portrieux

vendredi 8 novembre 2013

Gouverner, c’est prévoir



Les Bretons sont en colère. On les comprend.

Aux difficultés récurrentes des pêcheurs, des agriculteurs, viennent s’ajouter celles des entreprises des filières agroalimentaires. Des emplois, souvent peu qualifiés, sont brutalement supprimés condamnant familles, villages, cantons, aux affres de la précarité économique et sociale. Il n’y a pas de semaine où une nouvelle entreprise agroalimentaire n’annonce un drame social.

Les causes du désastre sont connues et abondamment rappelées. Sont elles une surprise ?

Depuis quand constate t-on que les producteurs de lait ont des marges insuffisantes ?
Depuis quand s’exerce le dumping européen sur la viande de porc ?
Depuis quand annonce t-on la suppression des subventions européennes à l’exportation des poulets congelés ?
Depuis quand observe t-on un coût du travail aux charges non concurrentielles ?

Tant que la Région Bretagne ne disposera pas d’outils d’alerte et surtout d’intervention pour veiller au développement de ses producteurs, les acteurs économiques subiront « la crise ».

Pour faire face à ces défis, la Région a besoin de moyens financiers propres dans le cadre de compétences précisées.

La décentralisation faite à moitié ne donne pas les moyens d’agir. Elle multiplie les niveaux d’intervention avec des acteurs qui se marchent sur les pieds.

Ainsi, les politiques du tourisme sont traitées à six niveaux : Office du Tourisme et Commune de Saint-Quay-Portrieux, Communauté de Commune du Sud Goëlo, Pays de Saint Brieuc, Conseil Général des Côtes d’Armor, Conseil Régional de Bretagne, Ministère de tutelle à Paris.

Gouverner, c’est s’organiser pour anticiper.

Gouverner, c’est prévoir !


Dominique Blanc
Maire de Saint-Quay-Portrieux